Entre vendanges précoces, hausse des degrés alcooliques et tensions économiques, le millésime 2026 impose une vigilance accrue aux professionnels de la filière viticole. Antoine Gruau, commercial et œnologue aux Laboratoires Dujardin-Salleron, revient sur les enjeux du suivi analytique directement à la propriété.
Dans le contexte économique actuel, pourquoi est-il devenu particulièrement intéressant d'analyser ses vins directement à la propriété ?
Antoine Gruau, Œnologue technico-commercial France chez Dujardin-Salleron : Aujourd'hui, les viticulteurs doivent optimiser leurs coûts tout en maintenant un niveau d'exigence élevé sur la qualité de leurs vins. L'analyseur directement à la propriété prend donc tout son sens.
Cela permet de limiter les déplacements pour déposer des échantillons au laboratoire ou d'attendre leur ramassage. On économise du temps, du carburant et surtout, on gagne en réactivité.
C'est également une manière de simplifier le suivi des vins au quotidien et de valoriser le travail des équipes. Avec des équipements adaptés, les collaborateurs peuvent monter en compétence, gagner en autonomie et prendre plus rapidement les bonnes décisions.
Les vendanges 2026 ont une nouvelle fois été marquées par une précocité exceptionnelle. Quelles conséquences observez-vous ?
Antoine Gruau : Les années se suivent et se ressemblent ! En 2008, certains Cabernets étaient encore vendangés courant octobre. Cette année, à la même période, les cuves sont déjà écoulées et les pressoirs remis jusqu'à l'année prochaine.
Mais cette précocité s'accompagne de nouveaux défis, notamment des titres alcoométriques qui s'envolent. Même en Champagne, le seuil de 13 % vol. a été autorisé pour les vins de base.
Dans ces conditions, le suivi des maturités et les analyses régulières sont essentielles. Ils permettent de mieux anticiper les évolutions et d'adapter les décisions techniques tout au long de la vinification.
Quels sont les principaux points de vigilance pour les vins de ce millésime ?
Antoine Gruau : Les conditions de cette année nous invitent à être particulièrement attentifs aux équilibres des vins. Nous pouvons nous attendre à des acidités totales très basses, des pH élevés et une sensibilité accrue aux déviations microbiologiques.
Les besoins en refroidissement restent également importants, même en ce début d'automne.
Tous ces paramètres imposés un suivi analytique rigoureux. Il faut pouvoir contrôler régulièrement les acidités, le pH, les teneurs en SO₂ ou encore l'oxygène dissous. Avec de tels enjeux, on ne peut pas laisser de place à l'à-peu-près. Plus les contrôles sont réguliers, plus il est facile d'anticiper les problèmes plutôt que de devoir les corriger.
L'hygiène des chaises est-elle également devenue un enjeu plus important ?
Antoine Gruau : Absolument. Nous constatons une augmentation des besoins en matière de contrôle de l'hygiène, notamment avec l'ATP-métrie, mais aussi pour le contrôle des eaux de réseau et de rinçage.
L'objectif est de s'assurer que les opérations de nettoyage et de démontage sont réellement efficaces et de limiter les risques de contamination.
Dans le contexte économique actuel, une non-conformité peut rapidement avoir des conséquences importantes. C'est d'autant plus regrettable lorsqu'elle aurait pu être évitée grâce à quelques contrôles simples.
La prévention est donc essentielle, et les outils de contrôle de l'hygiène ont toute leur place dans le quotidien des chaises.
Quels équipements conseille-tu aux viticulteurs pour aborder sereinement le suivi de leurs vins ?
Antoine Gruau : Je retiendrais quatre solutions particulièrement adaptées aux besoins actuels des propriétés.
- Le LQA Wine , un outil simple et intuitif qui permet de réaliser et de valider les analyses de routine directement à la propriété.
- Le DS Sulfi , un excellent compromis pour assurer un suivi simple et fiable des teneurs en SO₂ dans les vins.
- L'oxymètre HQ1130 , qui permet de surveiller facilement et de manière robuste l'oxygène dissous, un paramètre essentiel pour maîtriser les risques d'oxydation.
- Le Kit Hygiène , qui rassemble les équipements nécessaires pour contrôler l'efficacité des opérations de nettoyage et de démontage.
L'idée n'est pas de transformer chaque propriété en laboratoire, mais de donner aux professionnels les moyens de réaliser eux-mêmes les contrôles essentiels, avec des appareils fiables et faciles à prendre en main. Les conditions climatiques évoluent, les équilibres des vins changent et les contraintes économiques sont bien réelles.
Aujourd'hui, disposer rapidement de résultats d'analyse fiables est un atout pour piloter véritablement ses vinifications et sécuriser la qualité de ses vins. L'analyse à la propriété n'est plus simplement une question de confort : c'est un outil de maîtrise technique, économique et qualitative.